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Folklorique
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Les << Marches Militaires >> d'Entre-Sambre-et-Meuse.

S'échelonnant entre mai et octobre, les << marches militaires >> sont actuellement une cinquantaine, réparties essentiellement dans les petites villes et villages de l'Entre-Sambre-et-Meuse. Seules quatorze d'entre elles cependant ont été authentifiées par le << Conseil supérieur des Arts et Traditions  populaires >> : La Sainte-Rolende de Gerpinnes, la Saint-Feuillen de Fosse (septennale), La Madeleine de Jumet, les Saint-Roch de Thuin et de Ham-sur-Heure, la Saint-Eloi de Laneffe, la Sainte-Anne de Silenrieux, La Saint-Fiacre de Tarcienne, la marche Notre-Dame de Walcourt et les Saint-Pierre de Biesmerée, Morialmé, Thy-le-Chateau et Villers-deux-Eglises, en vertu de leur ancienneté et de leur respect de l'<< esprit >> de la marche.

Pas question, par exemple, pour  un << soldat >> de se présenter à la << rentrée solennelle >> en état d'ébriété: la << marche >> participe à un rituel collectif d'hommage à une procession et même le non-croyant qui y participe doit respecter la solennité de la célébration.

Ces escortes armées remontent au moins au XVIè siécle et elles n'ont pris une tournure << folklorique >> qu'au XIXè, lorsqu'on remplaça de vrais militaires, membres des milices rurales, par des membres de comités de jeunesse. Toutes sont constituées d'hommes et de jeunes gens vêtus de copies d'uniformes militaires anciens, surtout belges et français du XIXè siècle (grenadiers, sapeurs, zouaves, turcos, gendarmes, etc..).

Plus récemment, des compagnies ont été créées pour faire revivre l'époque napoléonienne. Depuis 1964, elles se retrouvent annuellement, le premier dimanche de juin à Ligny, dernière victoire de l'empereur, mais ne constituent pas, contrairement à une opinion largement répandue, l'essence de la tradition. Les << marcheurs >> défilent par pelotons, au son des fifres et des tambours s'arrêtant à chaque lieu saint (église, chapelle ou << potale >>) pour << rendre les honneurs >> en tirant une << décharge >> avec leurs fusils à poudre noire ou leurs tromblons, tir groupé commandé par un officier ou par un notable.

Les charges  d'officiers sont mises aux enchères chaque année, aux environs de Pâques, lors d'une cérémonie appelée << cassage du verre >> parce qu'une fois l'engagement pris, le bénéficiaire doit boire une bière ou une << goutte >> et jeter ensuite le verre à ses pieds dans une cuve ou un seau.

Une seule femme est admise par compagnie, la << cantinière >> ; son poste est très convoité et donc très cher, car,durant toute la marche, elle vend de l'alcool à son profit.

Extrait du livre "Du Doudou au Remoudou" de Françoise Lempereur.
En vente chez l'auteur et à l'Abbaye de Stavelot.  Contact :
francoise.lempereur@ulg.ac.be.